/ / / / / / / / / / / / / / Le projet

La Conciergerie propose une traversée dans la mémoire collective locale par le biais d’accueil temporaire d’artistes, en itinérance sur le secteur du sud haut-marnais. L’itinérance permet à l’artiste d’installer son atelier non pas dans un espace donné mais de manière ambulatoire. Durant la démarche créative, cette mobilité facilite le recueille de la mémoire du territoire, et permet d’être au plus proche de ses ressources et de ses habitants.

L’accueil d’artistes, dans les villages du sud haut-marnais, est envisagé comme un moment de partage des savoir-faire. Le projet se doit d’intégrer dans son processus créatif la communauté et les forces vives en présence. Cette intégration se construit tout au long du développement du travail de l’artiste et est complétée par différentes formes de médiation : ouverture de l’atelier de l’artiste, ateliers pratiques, conférences, interventions artistiques dans différentes structures, évènements festifs…

La Conciergerie est un laboratoire autonome de recherches plastiques et théoriques sur les arts, les sciences dures, appliquées, humaines et naturelles qui a pour ambition de penser une culture organique et protéiforme, faite par tous et pour tous. Elle souhaite ancrer un système d’éducation populaire, mutualiste et solidaire.

La Conciergerie est aussi un espace de réflexion autour de l’artiste comme figure constitutive de notre société. En tant que structure accueillant des artistes, elle souhaite réfléchir et proposer des alternatives à la précarité du statut d’artiste. La Conciergerie est également un espace défricheur de talents émergents.

la mémoire collective

La Conciergerie souhaite valoriser la richesse culturelle du secteur sud haut-marnais par le recueil d’une mémoire collective. Elle souhaite ainsi orienter les résidences sur cette thématique.

Il nous paraît essentiel d’interroger cette mémoire car elle est indispensable à la fédération et à la constitution de toute une communauté.

La mémoire collective se définit par l’ensemble des représentations, conscientes et inconscientes, qu’un groupe partage de son passé. A la différence d’une mémoire historique, critique, construite et rationalisée, la mémoire collective relève de l’affect. Celle-ci se caractérise par un développement continu non linéaire, sans points remarquables nettement tracés comme dans le récit historique. La somme du ressenti émotionnel individuel face à un événement collectif donne naissance à la mémoire collective. Cette mémoire collective est difficilement palpable. Elle se cristallise dans le récit mythologique qui permet de lui créer un système de représentation symbolique par une narration commune.

Le mythe est une parole orpheline qui se raconte. Il a pour but de répondre à des questionnements existentialistes des origines, de donner corps à l’invisible et aux phénomènes inexplicables. Il est la projection de la psyché individuelle, familiale et sociale. Il s’incarne dans la tradition. Ce récit populaire est vivant et en perpétuel mutation entre celui qui le raconte et celui qui le reçoit. Son invocation, au sein d’un groupe social, prend place lors du rite : les moments de célébrations collectives. Ces instants particuliers, par la convocation symbolique de cette mémoire collective, fédèrent le groupe social en ancrant des repères identitaires communs.

l’itinérance : processus créateur de lien

Envisager tout le territoire comme un lieu d’expérimentation artistique, en s’extrayant du lieu d’exposition classique, permet d’engager une réflexion sur la manière dont la production artistique va être produite et montrée. Cela demande de mobiliser les forces en présence, de les rendre actrices de l’œuvre même, en relation directe avec l’artiste.

Les habitants, les associations ainsi que les structures publiques et privées représentent les différentes entités du territoire qui vont être actrices, de manière ponctuelle et/ou sur le long cours, du développement du recueil de la mémoire collective du secteur de la Communauté de Communes Auberive, Vingeanne, Montsaugeonnais, mais aussi du processus de création des artistes en résidence. La création de liens entre les partenaires permet de faire un état des lieux, une cartographie des forces et des compétences en présence.